Non! L’assurance médicale voyage rapatriement n’est pas la sécurité sociale

Trop souvent je trouve, il arrive parfois que les clients voyageurs (venant de France) soient mécontents de leur assurance voyage parce que méconnaissant les règles de base des assurances médicales voyage.

Aussi je crois nécessaire de rédiger ce post pour rappeler quelques évidences

La couverture médicale en France:

La France, nous le savons, est un des pays au Monde qui offre un des meilleurs niveaux de protection médicale, du moins en terme de couverture et prise en charge. Question qualité du service et des soins, c’est un autre débat qui n’a pas lieu d’être ici. En France, votre sécurité sociale plus une bonne mutuelle ou complémentaire vous couvrent à peu près tout à 100% (jusque même des béquilles ou des pansements), la prévention, le check up, la contraception et parfois même, n’importe quoi (les visites médicales afin d’obtenir un certificat médical pour exercer un sport ou le remboursement des lunettes de soleil!)

Nos armoires de salle de bains regorgent de médicaments (qu’il faut souvent jeter à la poubelle après un certain temps) et en plus de cela tout vous semble gratuit avec le tiers payant…

Cette largesse a cependant un prix: 13,55% de votre salaire brut auquel il faut ajouter le cout d’une bonne mutuelle (environ 800 euros par an pour une personne)

Quelqu’un qui gagne 2.000 euros bruts par mois va donc payer tous les ans, 4.000 euros pour sa couverture maladie! Evidemment, ce n’est pas ce que vous payez directement puisque votre employeur paie pour vous 12,80% soit un peu plus de 3.000 euros. Mais pourtant c’est bien ce que coûte votre couverture personnelle, 4.000 euros avec un salaire proche du minimum…

Vous partez à l’étranger (ou “au secours je ne suis plus couvert par ma sécu”)

Il est peut être bon de rappeler que les assurances médicales voyages rapatriement sont en principe proposées par des compagnies privées qui recherchent à faire du profit (je précise ceci pour les bisounours qui habitent au pays de candi)

Cependant, ces intervenants pratiquent dans un milieu très concurrentiel, pas comme un organisme de sécurité sociale qui, s’il fait des pertes, peut se permettre de se renflouer en augmentant les cotisations sur les salaires. Le rêve quoi! Vous vous imaginez, dépenser tout votre fric pendant les vacances et quand vous revenez, demander à votre patron de vous augmenter parce que vous n’avez plus une tune pour payer votre loyer ou votre facture d’électricité! Non ça ne fonctionne pas comme ça dans notre monde sans pitié (ou sinon, faites le moi savoir, je postulerai pour un job dans votre boite)

Et bien pour les compagnies d’assurances qui évoluent dans un marché très concurrentiel, c’est pareil. Si elles remboursent n’importe quoi, sont trop généreuses, pas assez sélectives à la souscription d’assurances, elles ne peuvent pas augmenter leurs cotisations sinon elles ne sont plus compétitives et disparaissent.

Une conclusion à ce stade? Non le privé ne veut pas dire cout élevé

Des exemples? Quelqu’un qui part pour 1 an à l’étranger va payer selon le contrat choisi, entre 400 à 600 euros pour 12 mois. Et pourtant il va trouver ça cher, alors que c’est inférieur à ce qu’il paie uniquement pour sa complémentaire ou mutuelle! En outre, en plus des soins médicaux, il sera couvert pour le rapatriement, sa responsabilité civile, ses bagages, l’assistance plus encore quelques autres garanties non moins utiles pour un voyageur.

Par contre effectivement, il y a des contreparties, certains contrats (pas tous) proposent des franchises, c’est à dire qu’une partie des frais restent à la charge des assurés. C’est une manière a) de diminuer les tarifs b) de responsabiliser l’assuré dans sa consommation médicale (il évitera ainsi d’aller consulter un médecin pour ses vapeurs du lundi matin par exemple)

D’ailleurs, les franchises arrivent en France et se généraliseront de plus en plus avec le creusement du gouffre financier de la sécurité sociale.

L’autre aspect est que ce type de contrat (et tous cette fois) ne couvre que la blessure (l’accident) ou la maladie, mais pas la prévention, les vaccins, le check up annuel, la contraception ou la maternité…

Enfin et surtout l’assurance privée médicale rapatriement privée ne couvrira pas les antécédents de santé. Pour les personnes affectées par de lourdes conditions médicales, il est impératif avant de partir à l’étranger de s’affilier à la CFE (caisse de sécurité sociale des français à l’étranger)

En effet, la règle d’or de l’assurance est  de couvrir un évènement aléatoire, pas quelque chose qui est certain de se passer.

Je vois parfois des personnes déjà à l’étranger, bien sûr sans couverture, nous téléphoner en catastrophe pour demander de s’assurer. Nous leur demandons a) pourquoi ils n’étaient pas assurés avant et b) s’ils ont des soins à entreprendre dans l’immédiat et alors nos mâchoires tombent sur le parquet. J’ai personnellement eu une jeune fille au téléphone, me déclarer benoitement qu’elle n’avait besoin de l’assurance que pour 1 mois, le temps d’aller chez le dentiste puis de résilier ensuite. Je lui ai répondu que bien sûr, nous allions encaisser 50 euros de prime et lui régler plusieurs centaines d’euros de soins médicaux et qu’au bout d’1 an a ce rythme, la banqueroute nous était assurée (sans jeux de mots!)

Ce serait le rêve de pouvoir souscrire l’assurance qu’après l’accident, vous imaginez?

Sérieusement maintenant pour conclure, notre système national d’assurance maladie est généreux et complet mais il coûte cher. Il se justifie cependant pour le bien de la communauté par son action de solidarité.
Partir à l’étranger demande une certaine ouverture d’esprit. Vous devez vous attendre à vivre un quotidien différent et accepter de vivre autrement. Sinon pourquoi s’expatrier si c’est pour chercher la même chose qu’en France?